Crabe, peinture acrylique sur toile, H27XL35, 2020

De la série "singularité", gravure sur rhodoïd, 2020

Des citrons soleil de Daniel Salzmann aux singularités clair-obscur d’Isabelle Favre


Pour l’automne, les couleurs jaillissantes, la rapidité illuminée de Daniel Salzmann. Le peintre est amoureux de la bouffe. Cuisiner et peindre sont chez lui totalement liés. Dans le même espace, en contrepoint, le travail noir d’inscriptions troubles, l’eau et le crépuscule du jour, les gravures sur rhodoïd d’Isabelle Favre.

Daniel Salzmann aime la vie. Son amour lié à la solitude et le goût de celle-ci le fait bouger. Espagne, Portugal, Italie : il s’imprègne des traditions culinaires, mange, insatiable : l’architecture, les tables et les nappes, les crabes et l’insolence miraculeuse des zestes de soleil des citrons abandonnés. 

« Je me souviens, dit-il, que, lorsque j’étais enfant, ma mère me mettait chaque fois en garde avant d’entrer dans une pâtisserie : « Attention, on ne touche qu’avec les yeux ! » Elle m’enjoignait ainsi à entretenir une relation exclusivement visuelle avec les bonnes choses qui m’entouraient ».

 

Avec ce besoin de « retrouver le plaisir à travailler le noir », Isabelle Favre met le cap sur ses singularités, s’immerge dans le végétal. Âme, aussi, et encore, en dérive. «Je finis parfois par ne plus avoir d’échelle, de jour ou de nuit. Absorbée par la matière, les structures, les enchevêtrements, les clair-obscur, j’entre dans une autre dimension...». 

L’émotion des ondes, l’ancre grasse qui se noie. Une femme disparue dans le fil du Rhône. On est pêcheur / ou cuisinier. Pour des dérives singulières, Isabelle Favre, capitaine des bateaux de ses mains, totalement à l’unisson du monde végétal, touche du bout des doigts le désir furieux du marin amoureux des reflets des noyades. C’est immensément beau.

Nicolas Marolf, juillet 2020

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