
Pauline Cordier et Rahel Oberhummer
05/16/2026 - 06/14/2026
Les sculptures en verre de Rahel Oberhummer, éléments verticaux disposés au centre de l’espace, entrent en résonnance avec le dessin au sol réalisé par Pauline Cordier, qui s’étend sur toute la surface du lieu. Ensemble, ces éléments baignent dans une lumière jaunâtre qui modifie la perception des œuvres et de l’environnement, instaurant dans l’espace une forme d’alerte, à la fois diffuse et silencieuse.
Découlant de recherches menées par Rahel Oberhummer autour de l’étoile de mer à couronne épineuse — espèce aujourd’hui invasive qui participait autrefois à la régénération des coraux avant que l’intervention humaine ne rompe cet équilibre — ces deux sculptures s’inspirent d’outils inventés pour réguler la prolifération de ces organismes. Intitulées Disarmed, ces pièces portent ainsi une double charge symbolique, reposant sur des instruments qui relèvent à la fois de l’arme et du soin : des injecteurs de sels biliaires conçus pour tuer au nom de la sauvegarde des écosystèmes. Par accumulation et superposition formelles de ces outils, les sculptures prennent des formes poétiques et hybrides ambivalentes. À échelle quasi humaine, ces éléments verticaux semblent flotter dans l’espace et dialoguer avec la présence des visiteurs·ses. Elles mettent en lumière une écologie de la contradiction où gestes de soin et de destruction se superposent, révélant la complexité de notre relation au vivant et les paradoxes d’une époque qui tente de réparer ce qu’elle a d’abord altéré.
Ces nouvelles espèces poétiques et organiques entrent en résonance avec Devenir trace, installation de Pauline Cordier qui prend forme à partir de recherches cartographiques menées sur la présence et l’évolution de l’eau à Saint-Maurice et dans ses environs. Un dessin se déploie au sol de l’espace, sorte de carte précaire dont le motif se base sur les données hydrologiques récoltées par l’artiste, superposées et croisées. Créée à partir d’une matière sédimentaire hétérogène déposée sur un sol clair, cette surface volontairement fragile interroge la trace et la transformation, tout en liant spatialement et symboliquement chaque élément de l’exposition. À chaque passage des visiteurs·ses, elle s’altère et se transforme, modifiant progressivement le dessin initial et créant un tracé de plus en plus abstrait, organique et fluide. L’altération devient alors la condition même de l’œuvre : son mouvement, sa temporalité et sa mémoire. Enfin, l’installation est complétée par une lumière filtrée et colorée imaginée par Pauline Cordier, plongeant chaque spectateur·rice dans une atmosphère particulière à travers un geste de transformation, à l’image d’une mutation lente mais profonde.
Ainsi, les œuvres de Rahel Oberhummer et Pauline Cordier conçues en étroite résonance se répondent dans la grande halle de l’Espace ContreContre dans un dialogue à la fois sensible et brut, empreint de fragilité et de force, tant d’un point de vue symbolique que matériel. De fait, si l’eau est fortement évoquée dans cette exposition, l’importance et le rôle de la matière relie tout autant les pratiques respectives des deux artistes. Elle devient un élément central du processus créatif, dans ses propriétés, ses potentialités et ses réactions, matérialisant ainsi formellement, artistiquement et poétiquement Ce qui nous échappe.
Aunt Bette's Homemade Pecan Pie | ||
Rockin’ Rocky Road Ice Cream | ||
Tom’s Heavenly Apple Strudel | ||
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