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Katia Zagoritis, Audrey Cavélius

04/06/2024 - 06/02/2024

Katia Zagoritis 


Prenons une géopolitique de l’espace imaginaire composé de dedans, de dehors avec des passages par l’émotion, que nous maîtrisons généralement en la niant. L’artiste nous propose, avec la céramique, de garder le contrôle de l’horreur, par la présence douce, forte, cristallisée de gardiens. Les monstres sont figés, mais il est difficile de traverser ces représentations sans avoir le fantasme que, potentiellement, elles pourraient se mettre en mouvement et nous arracher à notre torpeur. Elles ne sont que silence, ces bouches immobilisées, leur appel au secours dont le cri n’est pas entendu, aux spectateurs de leur donner une dimension audible.

Le travail de Katia Zagoritis est réel, toute fuite serait vaine, une fois que vous avez vu ses pièces, il n’est plus possible de faire semblant.

Il reste le geste artistique, brutal, entier, militant. Le matériel heurtant le regard de l’autre. La gestuelle de l’artiste qui peint, sculpte, présente, offre dans cette œuvre, un témoignage tangible de la terreur, l’horreur vécue. Passage délicat de la carte au territoire, où nous sommes confrontés à l’immense sensibilité de l’artiste. Une installation invitant le spectateur à devenir le témoin d’un processus envoyé à l’agresseur, dans l’attente d’une réponse sociétale car le silence a toujours profité à l’abuseur.



Audrey Cavélius

Séries/2018 Le foisonnement ludique de la balade photographique proposé par Audrey Cavélius nous amène avec une prétendue légèreté à poser un regard original sur la proposition de la non moins prétendue nudité. Conçues au départ sous forme de vidéo-stop motion, on peut aussi contempler ces images une à une. Aux commandes, trois femmes, chacune avec son corps. Toutes parées d’éléments improbables, elles se plantent, se pavanent, s’entortillent d’accessoires leur servant de seconde peau. Cette suite de portraits, entre construction et déconstruction permanente, met en scène l’identité de manière dynamique. On affublait les femmes de chapeaux, costumes, fanfreluches, femmes-objets de désir, fantasmes projetés du regard des hommes. Ici, rien de tout cela. Balayés les clichés. Elles s’appartiennent. Bien loin des pages de magazine, elles se métamorphosent avec humour, sur fond blanc, aux regards, un défi : l’arrêt sur image. Elles osent tout dans leurs potentialités flottantes, elles sont !

Êtres/2021-22 Puis, une invitation à l’intime ; au bois des fées apparaît un improbable farfadet. Il s’agit de se laisser envelopper par cette émergence de douceur naissante. Une masse de chair se déplie, laissant s’exprimer le revers de ce que nous sommes. Devant nous, un dos. Lieu du plus vulnérable, dont nous maîtrisons à peine l’expression. Nous ne le rencontrons jamais de visu : en face. Nos propres membres se découvrent maladroits à suivre le lent et déconcertant déploiement de gestes à la recherche de l’inconnu, solitaire immensité de possibles imaginaires. Espace par excellence où il est nécessaire de sentir, à fleur de peau, la possible aile naissante. Se laisser aller à libérer le rêve, voir sous le regard d’un poulpe géant, plonger dans une rivière chevelue contenant nos inconsciences. Une invitation à contempler notre propre corps aux mille et un visages, qui, sans le révéler, nous ouvrent à notre mystère.

Artiste(s)

Katia Zagoritis, Audrey Cavélius

Galerie

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