Bertrand Fellay, bois, installation

 

 

Les liens de Bertrand Fellay avec le Valais : Ambigus 

"Travailler le bois en Valais sans faire dans le néo-folklore n’est pas forcément une sinécure, surtout dans un canton où l’attente se situe bien plus du côté du (faux) vieux que du contemporain. Ma démarche consiste à rappeler combien le « design » de vieux bâtiments traditionnels est magnifique de minimalisme et d’attention aux détails, à rappeler les qualités plastiques des matériaux traditionnels, de faire découvrir leur sensualité cachée. Un certain retour à l’essentiel qui permettrait de revaloriser nos ressources indigènes. Entre création et tradition, mon travail revendique son appartenance à un patrimoine historique et culturel, comme garde-fou à l’acculturation ambiante". Bertrand Fellay

Un univers de récupération habillé des couleurs acidulées et vives des années 70

Le menuisier s’interroge. Il devient alors cet artiste qui brave les lois fondamentales de l’ébénisterie et prend plaisir à faire des choses qui ne se font pas. Il assemble des morceaux et des essences que l’on n’unirait jamais et dont lui-même ne peut prévoir la pérennité – ou non. Cela vaut pour ses créations, mais non pour ses aménagements d’architecture d’intérieur ou ses constructions extérieures, où là, les règles sont de rigueur.

Bertrand Fellay récupère donc des matériaux, comme cette poutre centenaire de mélèze, aujourd’hui brutalement sciée par d’autres, qui n’y voient plus sa préciosité, ni la dureté de pierre que ses sillons si serrés recèlent. A cela s’ajoutent des meubles anciens abandonnés et avec eux tout le savoir-faire de leur manufacture. 

 

Ses improbables assemblages donnent naissance à des objets qui se déploient en utilitaires et qui posent la question de leur fonctionnalité. Comme ce coffre en bois qui devient table basse, ce lit reposant sur des balles de tennis, cette table à convives aux angles recourbés, ces pieds de chaise surdimensionnés qui élèvent le siège hors de portée, ou encore ces plateaux sur haute tige s’offrant en porte-livre, et ce tabouret à l’assise si reflétante que l’on hésite à y poser ses fesses. Pour Bertrand Fellay, il est aussi très important de s’amuser !

 

Dans la continuité de ce questionnement qu’il nous soumet, ses pièces sont délicatement incrustées d’un matériau, en opposition – toujours – avec la définition de la noblesse du bois, ou alors elles sont revêtues, presque secrètement, d’un stratifié haute pression (formica) – là encore, de récupération – où nous surprennent les couleurs oubliées du rose bonbon, du vert tendre ou vert anis, de l’orange plein, du bleu ciel, du rouge vif, bleu indigo et jaune pastel.

 

Le tout est d’une élégance omniprésente, d’une sobriété qui calme l’œil. Fabienne Samson, visite d'atelier juillet 2020

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